N 14 Trimestriel : décembre 2005, janvier, février 2006

1 Belgique België P.P. P.B BERTRIX BC 6288 RPM Nivelles Trimestriel : décembre 2005, janvier, février 2006 Bureau de dép&oci...

Author:  Véronique Beaudin

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Belgique — België P.P. — P.B. 6880 BERTRIX BC 6288 RPM Nivelles 476917326

N° 14 Trimestriel : décembre 2005, janvier, février 2006

Bureau de dépôt : BERTRIX - P 3A9005 Expéditeur : rue de Blezy, 109 6880 BERTRIX Revue éditée à l’attention des membres de l’association Éditeur responsable: M. Daniel FAES, Rue de Blezy, 109 B - 6880 BERTRIX Adresse retour en cas de non-distribution: M. J. LEHMANN, av. de Doiceau 21 B - 1300 WAVRE

TABLE DES MATIÈRES

Pages

Nos coordonnées Personnes transplantées à votre écoute

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1. Éditorial V incent Huyghebaert

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2. Journée mondiale du don d’organes

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3. Témoignage de Madame Bernadette Hottat (BH), maman de Marc, donneur.

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4. Conférence du Professeur Lerut à l’U.C.B. sur le thème : « Le don d’organes, comment est-ce ailleurs ? » Première partie du compte rendu

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Christian Gohy

5. Texte pour vivre: Robert Desnos, Demain

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6. Comment renforcer votre résistance morale quand vous êtes sur liste d’attente ? Ludo Gielen

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7. Vœux - Paola nous écrit

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Les contacts à l’hôpital Êtes-vous déjà des nôtres?

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 NOS COORDONNÉES :

Siège social : avenue de Doiceau, 21 B – 1300, Wavre  010-22 40 65 Président : Vincent HUYGHEBAERT Trésorier : Jacques LEHMANN,  010 -22 40 65 Secrétaire : Pascale HUYGHEBAERT Vice-présidente : Ruth STASSEN Administrateurs :

Daniel BRASSEUR, Daniel FAES, Marie-Françoise FORET, Chantal GOFFINET, Christian GOHY, Daniel HASE.

 PERSONNES TRANSPLANTÉES À VOTRE ÉCOUTE :

.

M. André BOUCHER

069 - 21 26 27

Mme Marie-Thérèse PARMENTIER

 016 - 47 25 13

M. Daniel FAES

 061 - 41 25 91

Mme Marie-Françoise FORET

 071 - 77 88 75

M. Christian GOHY

 02 - 770 01 76

M. Daniel HASE

 081 - 74 38 82

Mme Ruth STASSEN

 087 - 68 63 71

Madame, Monsieur, Nous vous envoyons notre dernière revue pour l’année 2005. Il s’agit de la dernière revue avec comme thème les saisons. Cette fois, il s’agit de l’hiver, des journées très courtes et froides, mais aussi de la période des fêtes, de Noël et de la fin d’année. En cette période de cadeaux, la boite aux lettres est remplie de publicités avec des idées de cadeaux. HEPATOTRANSPLANT vous souhaite de recevoir le plus beau des cadeaux, c'est-à-dire la santé ! Puissiez-vous aussi toujours garder allumée la flamme de l’espérance en une vie meilleure ! À vous tous, en attente d’une greffe ou déjà transplantés ainsi qu’à vos proches, bonne fin d’année et le meilleur pour les années à venir. La fin de 2005 fut chargée. La journée du don d’organes est la preuve que les patients transplantés sont très reconnaissants envers le don de vie qu’ils ont reçu, et c’est pour cela qu’ils étaient nombreux, toutes associations confondues, à promouvoir le don d’organes dans nos cliniques. Il s’agit là d’une solidarité profonde envers les patients en attente. La conférence du professeur Lerut fut un des grands moments de l’année dans les splendides bâtiments de l’U.C.B. Cette conférence nous a démontré que le sujet du don d’organes est délicat, que, malgré le grand nombre de donneurs en Belgique, les besoins croissent sans cesse et que le nombre de dons d’organes est, hélas, parfois, influencé par des campagnes mal menées ou paraHÉPATOTRANSPLANT



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sites. Le don d’organes entre personnes vivantes devrait être davantage promu en Belgique car cela aiderait à pouvoir greffer davantage et à diminuer le nombre de patients en liste d’attente. Notre ami Ludo Gielen continue à puiser dans son expérience de l’attente d’un greffon pour nous dire comment renforcer notre résistance morale. L’expérience qu’il désire nous partager peut être une aide réelle pour tous, particulièrement les patients en attente. Cette année, nous n’avons pas organisé de soirée. Une soirée s’organise plus d’un an à l’avance, ce qui n’était plus possible avec les changements dans l’équipe. Dès à présent, nous prenons l’engagement qu’une fête sera organisée en 2006. Dans les prochains jours, vous recevrez une demande de cotisation, un geste important pour démontrer aux instances officielles que nous représentons un nombre important de patients ou de personnes porteuses de la cause du don et de la transplantation d’organes. Nous espérons vraiment pouvoir compter sur votre solidarité. En attendant de vous revoir, bonnes fêtes et à l’année prochaine. Bien à vous,

Vincent HUYGHEBAERT Président

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2. JOURNÉE MONDIALE DU DON D’ORGANES À L’U.C.L. L’U .C.L. LE 14 OCTOBRE 2005

Notre association a participé avec toutes les autres associations de greffés à la journée mondiale de sensibilisation au don d’organes ce vendredi 14 octobre 2005: Hépatotransplant Bruxelles-Brussel, Espoir, l’association des greffés cardiaques, la Ligue des Insuffisants rénaux (LIR), l’Association Sportive Belge des Transplantés et des Dialysés, le groupe Oxygène - Poumons formaient ainsi tous ensemble un grand stand dans le hall des cliniques Saint-Luc. Le programme de la journée proposait entre 10h et 17h une information au stand des différentes ligues, une projection au Carrefour Santé de cassettes ou DVD d’Eurotransplant et des différentes associations. Le public pouvait ainsi découvrir l’historique de la greffe comme la réalité de l’opération. Le témoignage d’une coordinatrice de transplantations a eu lieu dans le temps de midi. La RTBF et RTL ont pris images et interviews diffusés aussitôt en reportages dans les journaux télévisés de la mi-journée et du soir. HÉPATOTRANSPLANT



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Dès l’entrée, le visiteur était attiré par deux vitrines qui présentent le don et la greffe d’organes.

Rose-Marie, André et Marie-Françoise de même que Jacques et Christian (pas sur les photos) ont accueilli, écouté et informé les personnes qui le souhaitaient au nom d’Hépatotransplant.

A 14h, tous les participants présents se sont rassemblés pour un lancer de ballons à l’inscription « Don d’organes - Don de vie; Een orgaan geven doet leven ». Ce lancer avait pour parrain Francis Goya (à gauche sur la photo), guitariste classique renommé, présenté ici par Noël Motte, membre de la LIR.

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3.

TÉMOIGNAGE DE MADAME BERNADETTE HOTTAT (BH), MAMAN DE MARC MARC,, DONNEUR .

Dans le cadre de la journée de sensibilisation au don d’organes, voici transcrit le témoignage émouvant de Madame Bernadette Hotat (BH), mère de Marc, donneur, recueilli par Pascale Bollekens (PB) et diffusé le 14 octobre dans les JT de 13h et de 19h30 sur la Une -RTBF. Marc avait 23 ans. Il étudiait la sculpture et vivait la vie à 200 à l’heure jusqu’au jour où il est tombé dans un coma irréversible. BH J’ai dit à l’hôpital, sachant que Marc ne reviendrait plus à la vie, qu’il était maintenu en vie artificielle, qu’il avait fait don de ses organes, qu’il fallait absolument qu’on le respecte. PB En fait, grâce à Marc, il y a combien de personnes qui vivent aujourd’hui ? BH Minimum trois personnes: deux greffés du rein et un greffé du foie qui sont en excellente santé. À 18 ans, le jeune homme était allé à la commune s’inscrire comme donneur d’organes. C’est donc sans se poser de questions que la famille a confié son corps au centre de transplantation.

pris, on lui a remis une prothèse. On a retrouvé notre enfant comme si on ne l’avait pas touché dans le respect de la dignité humaine. C’était vraiment très beau. Il faut savoir qu’en Belgique tout le monde est considéré comme donneur mais si on n’est pas inscrit officiellement, la famille peut au moment fatidique, s’opposer au prélèvement des organes. BH Trop de personnes considèrent la mort comme tabou et notamment, le don d’organes. Or, si on pouvait justement envisager qu’un jour nous mourrons, puisque nous mourrons tous, et en parler calmement, comme d’une chose courante de la vie, à ce moment-là, tout se passerait beaucoup plus facilement. Pour Bernadette Hotat, c’est clair, la vie de son fils se prolonge aujourd’hui au travers des trois greffés dont elle ne connaît pas les noms. Elle pense souvent à eux et leur écrit parfois via le centre de dons. BH J’ai éprouvé une grande joie de pouvoir dire aux receveurs que Marc était une personne qui aimait la vie. Je leur souhaitais que, grâce à ce qu’ils avaient reçu, ils réapprennent à aimer la vie et à la vivre par les deux bouts comme Marc la vivait.

BH Il a été anesthésié pour être opéré, il a été recousu comme s’il était vivant; l’os qu’on lui a

Le don d’organes, un geste de générosité qui prend tout son sens quand on sait que chez nous 1.300 personnes sont encore en attente d’un cœur, d’un rein, d’un foie. n

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4.

CONFÉRENCE DU PROFESSEUR LERUT À L’U L’U.C.B., .C.B., LE 26 NOVEMBRE 2005.

Comme d’habitude, Madame Engels, au nom de l’U.C.B. nous a accueillis dans des locaux somptueux, dont les fastes ont été relevés cette fois par la magie hivernale.

Intervention préalable de Vincent Huyghebaert, président d’Hépatotransplant Dans une brève allocution, Vincent Huyghebaert remercie le Professeur Lerut ainsi que sa famille de nous consacrer son temps dans un week-end où le repos aurait été bien mérité. Mais il souligne aussi combien les patients attendaient cette conférence puisque 50% d’inscriptions supplémentaires avaient été enregistrées par rapport à l’année dernière. Dommage que la neige et le froid glacial ont empêché près de la moitié des personnes de rejoindre l’U.C.B.. Vincent remercie encore Madame Patricia Engels et, audelà d’elle, l’U.C.B. pour l’accueil reçu puis il se réjouit de l’activité des différents groupes de travail au sein d’Hépatotransplant. Ces groupes ont permis, entre autres choses, l’accueil des patients en attente de greffe et des greffés, le remaniement de la revue et l’entente cordiale au sein de l’association.

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La conférence : Le don d’organes... comment est-ce ailleurs ? compte-rendu (1ère partie)

1.

Apprendre à relativiser

Si l’on entend régulièrement se plaindre de la difficulté à se faire greffer en Belgique, le Professeur Lerut invite l’assemblée à apprendre à relativiser en observant comment cela se passe ailleurs et en constatant qu’on n’est pas si mal en Belgique. Un regard dans le rétroviseur nous rappelle qu’à la fin des années 60, les médias nous ont relaté la première greffe cardiaque peu avant le premier alunissage, même si en fait la première greffe rénale avait eu lieu dès 1951. La greffe d’organes, jeune encore, connaît un véritable succès, puisqu’on ne parle déjà plus seulement des résultats à 5 ans ou à 10 ans mais bien à 15 et même à 20 ans. C’est une grande réussite car deux greffes ne sont jamais identiques. Les malades ne sont jamais comparables. Chaque cas est unique. La transplantation se fait à tous les âges car il est aujourd’hui certain que la transplantation est la meilleure assurance-vie pour quelqu’un qui souffre d’une maladie grave du foie.

2. La situation de la Belgique dans l’Europe 2.1.

Le don d’organes

En 2003, la Belgique arrivait en 2ème position du nombre de donneurs (24,3) par million d’habitants derrière l’Espagne (33,8). Au niveau monHÉPATOTRANSPLANT



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dial, la Belgique se situe au 3 ou 4 rang. Le nombre de donneurs le plus bas dans un pays d’Europe est de 6,5 par million d’habitants. Cela veut dire qu’au sein de l’Europe, d’un pays à l’autre, d’une population ou d’une culture à l’autre, il existe de grandes variations de perceptions et de réactions par rapport à la question du don d’organes. 2.2.

La transplantation

Pour ce qui concerne la transplantation, la Belgique est n° 1 en Europe avec 27,1 greffes par million d’habitants devant l’Espagne (24,3). Le pays où le nombre de greffes est le moins élevé fait 2,2 greffes par million d’habitants. Tous les pays d’Europe se sont mis à la transplantation, y compris la Roumanie, la Hongrie, la Tchéquie, les Pays Baltes et la Russie…

3. Eurotransplant : qu’est-ce ? Eurotransplant réunit 37 centres de transplantation de 6 pays : la Belgique, la Hollande, l’Allemagne, l’Autriche, le Luxembourg, la Slovénie. Le problème d’Eurotransplant est le nombre constant de donneurs. Entre 1990 et 2005, le nombre de donneurs n’a jamais excédé par an les 1.600 pour 12.000.000 d’habitants. Il y a un nombre naturel limité de don d’organes et il semble très difficile de changer cette situation malgré toutes les campagnes d’information et de sensibilisation. Au regard de la constance du nombre de dons d’organes, il convient de constater l’écart considérablement croissant entre les organes offerts et les besoins des malades. Un exemple : pour 3.000 greffes rénales effectuées, 16.000 patients sont en attente de greffe.

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Pour le foie, les patients en liste d’attente ont décuplé en quinze ans (230 en 1991 ; 2200 en 2005) et triplé au cours des cinq dernières années (entre 600 et 700 en 2000 ; 2200 en 2005).

4. Quelles sont les causes de la pénurie d’organes ? Parmi les causes, on peut en isoler trois majeures : o Le refus des familles de donner un organe post-mortem : entre 15 à 20% des demandes se voient opposer un refus ; o Le nombre moins important d’accidentés de la route ; o L’impossibilité médicale de prélèvement (le donneur ayant fait usage de drogues, contracté une maladie grave comme le SIDA, etc.)

5. Greffer davantage est une nécessité : comment faire ?

L’accroissement du nombre de personnes en attente de greffe oblige à trouver des possibilités d’augmenter le nombre de greffes. Voici quelques possibilités : o Une voie d’avenir : créer des organes. L’ingénierie des tissus humains et des organes est sans aucun doute le job n° 1 pour le futur. Déjà s’étudie la création d’os, de peau, de pancréas, de vessie, de cartilages, de dents, de reins, de foies, et, plus difficilement, de cellules cérébrales. Actuellement on y réfléchit et sans nul doute, un jour on réussira. o Doter chaque pays d’un cadre légal favorable au don d’organes. o Sensibiliser les jeunes à la question est également très important. C’est ainsi que depuis plus de cinq ans, EUROLIVER FOUNDATION a pris des initiatives en ce sens. o Faire connaître la réussite des greffes. Pour cela, le témoignage des personnes greffées peut aider considérablement à la prise de conscience du public. HÉPATOTRANSPLANT



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o Investir davantage d’argent dans les structures de communication et de coordination du don et de la transplantation : c’est ce qui fait la réussite de l’Espagne. o Utiliser les deux potentiels disponibles : les donneurs postmortem et les donneurs vivants. Citons en exemple la Norvège qui a en moyenne 19 donneurs vivants par million d’habitants alors que la Belgique n’en a que très peu. Inversement, il y a en Norvège très peu de donneurs post-mortem. Cela suppose de toutes parts un travail des mentalités. o Inviter les hommes politiques à être cohérents avec leur souci de promouvoir le don d’organes et la greffe. Pour cela, il conviendrait de prendre des mesures favorisant les donneurs vivants (par exemple assurer le salaire pendant l’absence de x semaines). À ce jour, un seul pays l’a prévu. Il faut songer qu’une greffe (par exemple rénale) économise de très nombreux frais, notamment de dialyse. Cet argent pourrait servir à d’autres secteurs. o Assurer, comme en Suisse, le suivi médical gratuit d’un donneur vivant tout au long de sa vie.

Les pistes, comme on le voit, ne manquent pas. Compte rendu: CHRISTIAN GOHY

Dans la prochaine revue : suite de la conférence du Pr Lerut : Tour du monde du don et de la transplantation d’organes.

À la page suivante, vous trouverez quelques photos souvenir de la Conférence mais retrouvez toutes les photos sur Internet à l’adresse suivante: http://users.skynet.be/christian.gohy/  14

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5.

TEXTE POUR VIVRE

DEMAIN Âgé de cent mille ans, j’aurai encore la force De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir. Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses, Peut gémir : le matin est neuf, neuf est le soir. Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille, Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu, Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu. Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore De la splendeur du jour et de tous ses présents. Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.

Robert DESNOS

Un texte, un poème vous a aidé à vivre avant, après la greffe ? Vous souhaitez le partager ? Une adresse courriel: [email protected] La revue fera tout pour y donner écho. HÉPATOTRANSPLANT



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6.

COMMENT RENFORCER VOTRE RÉSISTANCE MORALE QUAND VOUS ÊTES SUR LISTE D’ATTENTE ?

ans un précédent article, j’écrivais qu’être malade et devoir subir une transplantation signifie l’expérience d’une perte, même si vous pouvez continuer à « fonctionner » normalement: perte de la santé, des évidences et des assurances. Projets et activités doivent éventuellement être reportés ou ne sont pas réalisables à un moment donné. Un exemple personnel: j’anime de temps à autre des ateliers de travail à l’étranger mais, pour l’instant, il m’est impossible de donner suite à ces invitations parce que je « peux » pas quitter le pays. Toutefois, la liste d’attente comporte un aspect négatif tout comme un autre, positif. Le stress est négatif, provoqué par l’incertitude existentielle, par l’ignorance, non seulement du moment où viendra le coup de téléphone, mais encore par celle de la manière dont se terminera l’opération (un éventuel rejet, des complications ou davantage ?). La possible perspective d’une nouvelle vie, elle, est positive.

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Évidemment, la manière dont vous vous sentez conditionne en grande partie l’orientation de vos pensées. Si vous pensez prioritairement aux aspects négatifs de votre situation et de la transplantation, vous vous sentirez alors incertain, angoissé et même en colère. Vos pensées sont-elle prioritairement et positivement orientées vers une vie neuve pleine de possibilités encore inconnues ? L’angoisse et la colère seront alors nettement moindres. La manière dont vous pensez dépend alors à nouveau en grande partie de l’image que vous avez de vous-même, du sentiment de votre dignité. Vous sentez-vous précieux et compétent et donc en état de vaincre les difficultés de l’adversité ou bien doutez-vous, consciemment ou non, d’avoir assez de valeur et de capacités à vos propres yeux ? Dans le dernier cas, le risque le plus évident est que vous vous sentiez démoralisé, que vous développiez même une dépression et que vous déchargiez votre colère sur votre entourage. Pour cela il est capital que vous réalisiez que vous n’êtes pas né avec une image FÉVRIER

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achevée de vous-même, mais que celle-ci est la résultante de votre expérience relationnelle actuelle et passée (avec vos parents, votre partenaire, vos amis, vos collègues, etc.). Le sentiment de votre identité, dignité est le résultat des messages que vous avez reçus et recevez encore de vos relations. Ceci me pousse a à affirmer que celui qui est malade n’a pas d’abord besoin de pitié ou de sympathie mais prioritairement de résistance morale. La langue anglaise utilise un mot adéquat pour cela, à savoir « empowerment », littéralement traductible comme « don de force, de pouvoir ». Qui est malade a besoin, relationnellement parlant, d’un ami (il peut s’agir bien entendu de son (sa) partenaire, par exemple). Un philosophe grec n’a jamais mieux défini un ami que comme « une âme qui vit dans deux corps ». De là le concept d’ « âme soeur ». Qu’est-ce qui peut maintenant vous aider à penser positivement, pour renforcer votre valeur personnelle, pour devenir plus résistant ? 1.

Ne laissez pas la maladie ou votre situation devenir votre identité. Gérez votre maladie et, inversement, ne laissez pas la maladie prendre votre

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contrôle; vous êtes tellement plus qu’un malade en attente de transplantation, vous êtes peut-être le(la) partenaire de quelqu’un, père ou mère, ami ou collègue, etc. En faisant attention à votre maladie, vous pouvez même continuer à donner soutien et affection, éventuellement d’une manière différente qu’auparavant. En outre, vous pouvez aussi, dans la mesure de vos possibilités, rester actif au travail, dans vos hobbies, etc. Acceptez vos sentiments, mais confrontez-les aussi; même si vous avez des difficultés à les exprimer, essayez de ne pas les dissimuler, ne les faites pas subir à vos proches par une attitude exceptionnellement critique, irritable ou toute autre chose du même acabit. Ne vous repliez pas sur vous-même car vous risquez alors d’être perdant dans la construction de vos relations avec votre partenaire ou vos amis et vous auriez en finale le sentiment d’être très profondément seul. N’arrêtez pas de communiquer: parlez de ce que vous ressentez, dites comment votre situation et votre attente vous influencent émotionnellement; parlez de vos angoisses, de votre détresse, etc. si-

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non vous serez dévoré par vos propres émotions. Redéfinissez au besoin votre relation et les rôles dans votre famille quand; par exemple, vous perdez certaines capacités. Quelques exemples: lorsque vous n’êtes plu en capacité d’assurer les rentrées financières ou quand vous devenez davantage dépendant des autres. Si vous avez appris à ne pas considérer ceci comme normal, réalisez que la « normalité » peut recevoir de nombreuses définitions et que ce mot désigne peut-être en premier lieu un savoir constructif et fonctionnel pour affronter de nouvelles situations de même que la capacité à se donner des buts et des attentes réalistes. Votre situation est une affaire d’adulte: ne renversez pas les rôles avec vos enfants. Ne les obligez pas à prendre sur eux le « souci » dans l’acception large de ce mot: ne les rendez pas parents. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont aucun droit à recevoir de l’information et que leurs éventuelles questions ne doivent pas être prises au sérieux. N’hésitez pas à rechercher un conseil professionnel quand vous sentez que vous ne vous en sortirez pas seul des sé-

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rieux problèmes qui sont vôtres. Ceci peut être une décision très judicieuse et la qualité de votre vie actuelle peut en être considérablement améliorée. Souvenez-vous qu’une enquête en Allemagne a montré que les patients qui recevaient une aide à la prise en charge ont, après la greffe, de meilleures perspectives de plein succès et de rétablissement durable. Hépatotransplant a aussi, auprès de Francine et de Chantal, deux collaboratrices (Marie-Françoise Forêt et Marie-Thérèse Parmentier) qui sont remarquables pour leur dialogue et pour leur soutien. Vous pouvez aussi faire appel à elles. Si vous souhaitez réagir ou si vous avez des questions précises, vous pouvez toujours me contacter: [email protected] Dans un prochain article, j’aborderai les problèmes de relations que peut causer la maladie aux couples et la manière dont ceux-ci peuvent les contourner. Toutes mes salutations LUDO GIELEN

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7.

Toute l’équipe d’hépatotransplant bruxelles toute l’équipe du professeur lerut

PAOLA NOUS ÉCRIT : On se souviendra de l’appel à la solidarité lancé par le Pr Lerut à la fin de sa conférence pour venir en aide à Paola, membre du personnel de son unité, et à sa famille. Paola nous envoie ce petit mot : « Chers patients greffés, Je ne sais comment exprimer ma gratitude vis-à-vis de votre générosité qui me touche au plus profond de mon cœur. Ainsi je vous dis « MERCI » au nom de ma famille. Paola Volpe, U53 HÉPATOTRANSPLANT



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LES CONTACTS À L’HÔPITAL:

Cliniques Universitaires Saint-Luc 10, Avenue Hippocrate - 1200 Bruxelles

 Coordinatrice

02/764.53.09



 02/764.90.39

02/764.53.14

[email protected] [email protected]

Cliniques Universitaires Érasme 808, Lennikbaan à 1070 Bruxelles Secrétariat transplantation hépatique :02/555 44 50

ÊTES-VOUS DÉJÀ DES NÔTRES EN 2006 ? Si OUI, bravo et un grand merci pour votre soutien. PAS ENCORE ?: rejoignez-nous vite, nous avons besoin de chacun d’entre vous pour réaliser les objectifs de l’association: promouvoir le don d’organes; accompagner les patients en attente de transplantation ou déjà greffés; publier la revue trimestrielle; organiser des rencontres (conférences, sport, soirées…). Mais aussi pour affirmer notre caractère représentatif dans les diverses actions que nous menons au niveau national. Versez tout simplement votre cotisation de €15,00 ou davantage au compte

001-3721225-90

ASBL HEPATOTRANSPLANT BRUXELLES-BRUSSEL 21, Avenue de Doiceau, 1300 Wavre Pour les personnes à l’étranger: BIC GEBABEBB / IBAN BE34 0013 7212 2590

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